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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/94

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la chronique

politique prenait le pas sur les lettres, ces doctes corps s’effaçaient devant les élus du peuple. Et si, d’aventure sur son socle ennuyeux, Renan se fut retourné pour connaître la compagne que lui avait donnée la fantaisie du statuaire, il eut été médiocrement séduit, en son regard d’artiste, de voir combien menue paraissait la déesse athénienne dressée à ses côtés, sous l’ombre énorme de la vaste église gothique.

En l’honneur de Pallas.

Pour tout dire, ce fut-elle, Pallas-Athéné, qu’on honora en cette singulière cérémonie ; Renan vint au second rang. Il était l’accessoire ; elle était le principal. Pour un peu, on lui eut offert des parfums délicats et des efteuillements de fleurs fraîches ; mais les trépieds manquaient et des soldats boueux fournissent une insuffisante figuration pour un cortège de panathénées. Il n’y eut donc qu’une prière et des discours. La prière, ce fut le morceau fameux qu’Ernest Renan composa naguère sur l’Acropole « quand je fus arrivé, dit-il, à en comprendre la parfaite beauté ». Tout