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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/89

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fessent à l’égard d’Ernest Renan : encore faut-il rappeler que ce dernier n’a jamais blasphémé et que nulle insulte ne s’échappa de ses lèvres. Il est regrettable que les catholiques ignorent obstinément le contenu de ces volumes dont il leur est, dès lors, impossible de combattre l’influence en connaissance de cause et par des arguments appropriés ; quiconque a lu Renan et l’entend traiter de blasphémateur ne peut que se récrier sur l’intolérance d’un tel jugement et ce malentendu a peut-être fait plus de mal à l’Église que ne lui en a fait l’œuvre entière de l’homme qu’elle désigne ainsi à l’exécration des foules ignorantes. De toutes façons provoquer une lutte dont les préliminaires étaient entachés d’une telle violence, inciter à y prendre part tous les libres esprits, tous ceux qui considèrent que le droit qu’a l’écrivain d’exposer une thèse historique ou philosophique est une des bases essentielles de la civilisation moderne, c’était lancer un défi qui ne pouvait manquer d’être relevé.