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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/82

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la chronique

européennes s’y recommandent en général par leur honnêteté, vertu qu’ils cessent de pratiquer lorsqu’ils deviennent employés du gouvernement ; n’étant dès lors que rarement payés, ils prennent la regrettable habitude de se payer eux-mêmes.

La France pouvait-elle davantage ? Certains l’ont prétendu, mais sans le prouver. Lui reprocher d’avoir occupé Mitylène pour faire recouvrer leurs créances à quelques-uns de ses sujets et de n’avoir point armé le moindre navire pour voler au secours des Arméniens est d’un effet oratoire si facile que les tribuns de carrefours n’auraient garde de passer à côté d’un tel argument sans y accrocher leurs phrases toutes faites. Nous renvoyons nos lecteurs à l’exposé que nous avons donné de cette expédition de Mitylène, qui demeure à nos yeux un chef-d’œuvre d’à-propos et de hardiesse diplomatiques[1]. Ils comprendront, en le relisant, pourquoi il était impossible à la France de greffer une démonstration pareille sur des questions aussi graves et dans une certaine mesure aussi insolubles que celles d’Arménie. Il

  1. Voir la Chronique de 1901, pages 131 à 139.