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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/67

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Russie qu’il porta ses vues. Certes, depuis que la politique intérieure de la République a pris des allures aussi accentuées et surtout depuis que les idées radicales ont commencé d’influer sur les institutions militaires et même en certains cas sur les relations internationales, l’anomalie fondamentale que présente l’alliance franco-russe a beaucoup grandi. Entre alliés, les formes gouvernementales peuvent encore être aux antipodes les unes des autres ; mais dès que les principes de gouvernement entrent en opposition et deviennent destructifs les uns des autres, il faut de part et d’autre des intérêts bien enchevêtrés et une volonté bien ferme pour que l’alliance persiste. Jusqu’à quel point est-ce le cas entre Paris et Pétersbourg, on devrait, pour le déterminer, avoir recours à ce que la science nomme les « impondérables ». En tous cas, l’empereur Nicolas ne saurait manquer de déplorer l’appui officiellement donné par la République à des doctrines qui sont la négation de tous les principes sur lesquels repose la sécurité de son trône et de sa maison. Cela étant, l’empereur Guillaume, dont le trône est assis sur les mêmes principes, a l’occasion belle pour représenter à son impérial voisin les inconvénients