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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/63

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de france

les autres ; calcul probablement absurde, renoncement en tous cas antipatriotique. Il s’agissait encore de donner au traité de Francfort non plus l’approbation obligée d’un lendemain de défaite, mais l’adhésion spontanée d’une force qui s’annihile volontairement.

L’âme même de la Patrie se révolta au sein de cette assemblée, la veille encore si divisée par les querelles politiques et de la sorte fut rendu ce verdict solennel qui causa une sensation considérable au-delà des frontières. Dans l’état des choses, il était devenu nécessaire qu’une pareille manifestation intervint. Du jour où un professeur de l’université, le trop fameux Hervé, avait pu écrire qu’il ressentait à l’égard des soldats morts sur le champ de bataille « la vague pitié qu’on réserve aux escarpes tombés dans l’exercice de leurs fonctions », sans qu’une explosion de mépris public châtiât l’auteur de cette ignoble boutade et le rejetât du corps enseignant que sa présence déshonorait, le parlement français se devait à lui-même d’élever la voix. Mais il eût mieux valu, à tous égards, que ce devoir ne lui fut pas imposé. Le vote du 24 novembre est, après tout, un vote d’agitation stérile comme toute