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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/61

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Le vote du 24 novembre.

L’écrasante défaite qu’ils subirent étonna tout le monde, leurs adversaires les premiers. Jamais, dans aucune des chambres précédentes, il ne s’était rencontré une pareille majorité (485 voix contre 61) pour affirmer avec cette énergie la permanence des revendications françaises à l’égard de l’Alsace-Lorraine. Car tel était bien le sens de l’ordre du jour voté en cette circonstance. Si la parole évidemment imprudente de M. de Pressensé, faisant allusion à une revanche dont « personne ne veut et n’a jamais voulue » n’avait attiré à la tribune que des orateurs nationalistes ou conservateurs et qu’une majorité restreinte eût sanctionné leurs protestations patriotiques, il n’y aurait rien eu là d’extraordinaire. Mais les protestataires ce furent M. Étienne, président du groupe colonial et membre du parti radical ; M. Georges Leygues, ancien ministre dans le cabinet Waldeck-Rousseau ; M. Chautemps, dont les opinions fort avancées côtoyaient jusqu’ici les frontières du socialisme. Ils vinrent renforcer pour ainsi dire, la note déjà très ferme en même temps que parfaitement digne donnée par le ministre des