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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/60

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la chronique

défaillances, regrettables à coup sûr mais inhérentes à l’état de paix armée et dénuées de conséquences générales, avaient été savamment exploitées afin de jeter le discrédit sur les chefs, tandis que la condition du soldat était présentée à l’opinion comme comportant un maximum de misère et de souffances. D’invraisemblables petites feuilles, telles que jamais sans doute il n’en avait circulé dans les casernes d’aucune nation, conseillaient aux conscrits de mettre la crosse en l’air ou mieux de « garder leurs balles pour les généraux ». Le terrain ayant été préparé de la sorte — et c’est une des plus lourdes responsabilités encourues par le général André que de n’avoir pas défendu assez fermement l’armée contre cette campagne commencée avant son entrée au ministère, mais encouragée par sa complaisance ou son inaction — le terrain donc ayant été préparé, les plus exaltés des pacifistes MM. Jaurès, de Pressensé, etc… avec le concours et l’appui de quelques-uns de leurs partisans, livrèrent un assaut sur l’issue duquel ils se croyaient en droit de compter.