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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/58

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la chronique

main sous prétexte de l’achever et de le perfectionner.

La folie de l’arbitrage.

Et avant tout les pacifistes. Leur exaltation n’a pas tardé à les entraîner de l’arbitrage au désarmement. C’était fatal. Ni les réserves sceptiques ou embarrassées qui se produisirent naguère autour de la conférence de la Paix, ni l’affligeante solitude au milieu de laquelle le tribunal de La Haye a vécu ses premières années, ni la significative leçon de chose contenue dans ce traité franco-anglais dont nous avons parlé tout à l’heure, rien n’a ébranlé leur confiance, rien n’a dessillé leurs yeux. Au banquet offert par les députés français à leurs collègues d’Angleterre, M. Berthelot n’a pas craint de se qualifier d’homme « pratique », rebelle aux chimères, insensible aux « illusions trop naïves », au moment même où il indiquait comme l’œuvre possible et probable du vingtième siècle « l’abolition de la guerre ». Les pacifistes français ne se lassent plus d’acclamer leur déesse ; ils croient à son avènement comme, jadis, les Israélites crurent