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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/37

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de france

L’erreur française.

L’unité italienne existait en germe dès la renaissance, voilà ce que les Français ignorent ou méconnaissent. Le drame interminable qui se joua entre l’empire et la papauté, les ambitions brutales qui jetèrent les unes contre les autres les oligarchies régnantes, le tumulte des invasions, les rivalités intestines, tout cela ne fut point le fait des Italiens. C’est d’Espagne que la dynastie d’Aragon tirait des soldats pour défendre ou reconquérir son trône de Naples ; d’Espagne encore que venaient les régiments à l’aide desquels Jules ii prétendait chasser les Français. C’est contre des Suisses que Gaston de Foix se battit à Ravenne et François ier à Marignan.

Princes et républiques louaient des condottieri pour veiller à l’ordre public aussi bien qu’à la sécurité des frontières, pour assurer le triomphe d’un parti aussi bien que pour s’emparer d’un territoire. Et la meilleure preuve que de tels événements ne pesaient point sur le pays, comme on eut pu le croire, c’est que cette même époque, si pleine du bruit des batailles, était aussi une époque de richesse et d’art. Le luxe des Médicis,