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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/248

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la chronique

travers des aventures contées par eux rappelait-il inopinément son existence ; on ne s’y attardait guère ; pour un peu on se fut excusé d’avoir à introduire ce personnage suranné. C’était l’époque des pesantes psychologies dont le hasard n’eut point été admis à venir troubler la consciencieuse analyse — ou bien des adultères lentement dégustés au cours desquels le lecteur n’aurait pas pardonné qu’on le dérangeât. À la longue, ce farouche individualisme lassa l’attention ; on se prit à considérer l’organisme social et l’état d’âme des foules ; on y trouva des sources nouvelles d’intérêt ; l’histoire en fournit d’autres ; on généralisa ; on fit appel aux événements contemporains ; on dressa les thèses du jour parmi d’ingénieuses fictions. Tout cela avait déjà servi précédemment mais oncques ne s’en souvenait. Ainsi se trouva restaurée l’antique Fatalité.

Il va de soi qu’elle ne réapparut pas sur la scène littéraire avec sa parure d’autrefois ; elle porte des vêtements de la dernière mode ; on n’en reconnaît pas moins sa silhouette dure et ses traits anguleux. La Fatalité moderne est moins tonitruante et plus insinuante que l’ancienne ; elle est surtout plus humaine et moins divine. C’est l’homme qui la