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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/240

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la chronique

à défiler en bataillons serrés ; il s’y dépensa du talent et de la grâce, mais peu d’ingéniosité et aucune initiative. À la longue un certain malaise prévalut dont le public devint conscient ; la critique se fit plus pressante ; de toutes parts on signala le marasme en lequel semblait devoir tomber bientôt l’art dramatique français. Fort heureusement grandissait dans l’ombre une génération d’écrivains de premier ordre qui, éclairés sur le mal présent et instruits des remèdes à y apporter, allaient pouvoir opérer l’émancipation opportune avec toute la fermeté et en même temps toute la modération désirables.

Si même la nouvelle formule tragique à laquelle Hervieu laissera son nom ne devait point s’implanter définitivement dans les mœurs françaises, il est bien probable que le mélodrame ne réussirait pas à reprendre son rang ; il a été détrôné alors que la maladie déjà lui avait enlevé le plus clair de sa robustesse passée. Le vaudeville aura la vie plus dure. Il l’a prouvé cette année même. Capus en lequel on peut indiquer un véritable rénovateur de l’art comique et dont les Deux Écoles fourniront un des types les plus parfaits de la comédie parisienne au début du