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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/24

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la chronique

à la noble impératrice Frédéric, à celle que Bismark et la foule, après lui, appelaient d’un ton méprisant « l’Anglaise ». Mais on chercherait en vain les griefs de l’Allemagne contre l’Angleterre. Si c’est au nom du droit des peuples de disposer librement d’eux-mêmes que les Allemands protestèrent avec tant de violence contre la guerre du Transvaal, la prétention est légèrement bouffonne. La nation cimentée à l’aide de la fameuse maxime « la force prime le droit » n’a plus qualité pour défendre le droit contre la force. Les injures fort grossières prodiguées à l’armée anglaise s’aggravaient de ce chef. De la part de la France, au contraire elles s’allégeaient du fait qu’il est de tradition chez nous de défendre les vaincus et les opprimés. Et, après tout, notre traditionnelle amitié pour les Polonais nous empêche-t-elle d’être les fidèles alliés des Russes et nos sympathies bruyamment manifestées pour l’Espagne, au cours de la dernière guerre, se sont-elles opposées à ce que, la paix conclue, nos relations avec les Américains reprissent sur un pied d’intimité plus marqué qu’auparavant ? Chez nous les Anglais sentirent une colère passagère ; chez les Allemands, une haine durable.