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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/237

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Paul Hervieu, les Tenailles, la Loi de l’homme, l’Énigme, la Course du flambeau, le Dédale, montre la fidélité persistante de l’écrivain à sa courageuse entreprise. Il en a appliqué les principes jusque dans cette belle étude d’histoire contemporaine, Théroigne de Méricourt, à laquelle Sarah Bernhardt a assuré l’appui de son talent. Théroigne n’est qu’un prête-nom ; l’héroïne véritable, c’est ici la Révolution tout entière ; Hervieu qui l’admire, on le sait, projette pourtant en pleine lumière la série orgiaque de ses crimes — et il la laisse, à la fin du dernier acte, continuant d’évoluer au rebours de son principe initial mais conformément à la destinée qu’elle même s’était forgée Une telle façon de comprendre et de construire le drame d’histoire dépassait de si haut les habitudes d’esprit du public que le succès demeura incertain ; la critique même préféra s’abstenir que de discuter. Nous serions bien étonnés si à cette œuvre superbe, que termine une scène digne de Shakespeare, n’était pas réservé un avenir long et glorieux. On a remarqué que Théroigne de Méricourt avait été mieux appréciée par la partie populaire que par la partie raffinée de l’auditoire ; la même chose advint aux opéras de Wagner