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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/235

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panache ; sur ce mot significatif la toile tombe ; tout ce qui reste à Cyrano, c’est son panache, et voilà bien à peu près ce qui restait à la France de Louis xv et ce qui suffit pourtant à refaire la France de Napoléon. Il est possible que cette puissante synthèse de la race française, à l’un des moments les plus captivants de son histoire, se soit opérée inconsciemment sous la plume de Rostand — le vrai génie a de ces trouvailles — mais on ne saurait contester que le public n’en ait aussitôt saisi le sens et qu’il ne faille chercher là l’origine de son enthousiasme. La forme romantique a pu lui paraître agréable en cette circonstance et bien appropriée ; ce qui l’a conquis, c’est le fond ; c’est la légende nationale restituée en un admirable bas-relief. En tout cas, le romantisme de Cyrano n’a pas laissé de traces. Rostand a-t-il formé des élèves et l’opinion a-t-elle réclamé de lui qu’il en formât ? Nullement. Celui qui s’affirme comme un chef d’école évident et autour duquel tournent les jeunes talents — Paul Hervieu — est tout le contraire d’un romantique. C’est un réaliste, admirablement doué lui aussi, et qui poursuit avec une remarquable ténacité un plan très précis.