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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/230

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la chronique

pour la forme. M. Catulle Mendès ne semble pas même avoir éprouvé cette tentation ; sa sincérité est absolue et, se trouvant d’accord avec Théophile Gautier, il ne craint nullement d’en fournir la preuve à tout moment. Du reste sa sincérité se manifeste d’une autre manière encore. Elle éclate par de véritables transports d’enthousiasme, par de continuels accès de lyrisme qui ne sont pas du tout d’un grave rapporteur mais bien d’un poète ardent. Goûtez ces lignes consacrées à Victor Hugo « Son œuvre donne le vertige. S’élever ou se pencher vers elle, c’est considérer le gouffre de la beauté. Ce gouffre en même temps que formidable est adorable. Il est plein d’orages célestes et de tempêtes souterraines, traversé de comètes, incendié d’éruptions, bouleversé de maëlstroms, mais des oiselets y chantent et il y a de toutes petites fleurs au bord de la coulée de laves » ; et plus loin : « Il y a dans Victor Hugo toute l’humanité ; il contient aussi tout l’univers visible et invisible. Il est les mers, les montagnes, les ciels ; et dans tout ce qui existe, il offre asile à tout ce qui vit ; colossal, il n’a pas moins de nids pour les roitelets que d’aires pour les aigles. Il est tout puissant et tout condescendant, il fait des aumônes