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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/23

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de france

La part du germanophobisme.

Il faudrait ne connaître qu’imparfaitement le caractère britannique pour s’imaginer que de tels sentiments, si vifs et si sincères soient-ils, puissent faire taire la voix de l’intérêt national ; et, un moment, l’intérêt national avait semblé faire pencher la balance du côté d’une entente avec l’Allemagne. Chamberlain la désirait et surtout Guillaume ii. L’empereur avec cette justesse et cette netteté de coup d’œil qui donnent tant de force à ses actes avait compris, dès longtemps, l’avantage capital que présentait pour l’Allemagne inachevée et condamnée à lutter bientôt pour son achèvement, l’alliance de l’Angleterre. Habitué à remonter les courants d’une opinion souvent inapte à le comprendre et à le seconder, il avait multiplié envers les hommes d’états et le peuple britannique les avances habiles. Son attitude, au moment de la mort de la reine Victoria, lui avait gagné beaucoup de cœurs. En somme l’Angleterre pouvait trouver certains griefs à faire valoir contre l’Allemagne ; des griefs commerciaux dont les statistiques ont indiqué la mesure et des griefs sentimentaux tels que les mauvais traitements infligés