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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/223

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de france

Dix-huit années se passèrent. En 1880, les fouilles furent reprises ; on acheva de dégager le mur et on retrouva le portique des Athéniens, point de repère infiniment précieux dans le dédale delphique. Un traité entre la France et la Grèce fut préparé par le cabinet Coumoundouros sur les bases du traité germano-grec qui avait réglé les fouilles d’Olympie. Malheureusement, M. Tricoupis, devenu premier ministre, refusa d’apposer sa signature au bas de la convention rédigée par son prédécesseur ou du moins il fit tant de difficultés que l’affaire ne put aboutir. M. Tricoupis offrit alors Delphes à l’Allemagne ; l’Académie de Berlin déclina l’offre par respect de l’initiative française donnant ainsi à l’homme d’État hellène une leçon méritée. Ce dernier n’en sut point profiter puisqu’en 1887, une nouvelle convention ayant été préparée, il suscita l’intervention des États-Unis pour tenter d’enlever Delphes à la France. En 1891, enfin, grâce à M. Homolle secondé par M. Léon Bourgeois alors ministre de l’Instruction publique, l’accord se fit ; un monopole de dix années était accordé à la France pour les fouilles auxquelles le parlement français consacra un crédit de 500.000 francs.