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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/211

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venu, d’étonnantes berlines les cahotaient à travers des ruelles innommées dont les masures, gravement décorées du nom de palais et embellies par d’audacieux souvenirs historiques, achevaient de jeter le désordre dans l’esprit des malheureux. Introduits dans les caves de la villa, installés devant un repas frugal et mal servi, conduits pour y passer leur première nuit dans d’affreux galetas, ils avaient au réveil la joie indicible des spectacles paradisiaques surgissant devant eux : les bosquets merveilleux, les terrasses, les jardins, Rome entière étalée en un panorama sans pareil sous leurs yeux extasiés. Tant d’art apporté à la révélation de cet Eden ne laissait à personne le regret de la brimade qui y servait de prélude.

Les élèves de l’École française d’Athènes n’ont jamais connu ces charmantes fantaisies. Leur tâche plus sévère s’enferme en un cadre moins vibrant. Ni la maison Ghennadios où s’abritèrent modestement leurs premiers travaux, ni le palais de la place de la Constitution[1], où s’acheva somptueusement le directorat de Daveluy, ni l’école spacieuse mais inélégante élevée par Burnouf

  1. Devenu aujourd’hui l’hôtel de la Grande-Bretagne.