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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/210

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la chronique

à la Villa Médicis, l’ambassade artistique — n’était pas la moins utile à son prestige.

Entre artistes.

L’évolution des mœurs et les modifications apportées au règlement intérieur ont diminué sans le détruire le pittoresque de l’existence menée jadis par les jeunes pensionnaires de l’Académie. Même au temps où le génie autoritaire d’Ingres pesait un peu lourdement sur leurs exubérantes initiatives en sorte, a dit l’un d’eux que « notre vif chagrin de nous séparer de ce maître incomparable se doubla d’une indéfinissable impression de soulagement et de liberté » — même en ce temps-là, le régime de la villa Médicis demeura celui d’une grande famille où tout était en commun, succès, déboires, espérances ou chagrins. Les élèves avaient coutume de trouver dans le directeur un ami et un conseiller en même temps qu’un chef. Ils vivaient avec leurs camarades sur le pied d’une intimité fraternelle. L’histoire est légendaire de toutes les facéties, de tous les quiproquos organisés autour des nouveaux arrivants. On allait jadis les recevoir jusqu’à Ponte-Molle et, le soir