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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/202

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la chronique

bert, remplaça Errard par La Teulière donnant ainsi une entorse au règlement car La Teulière n’était pas peintre : c’était plutôt un critique d’art et, pour ce motif, les jeunes artistes le virent arriver d’assez mauvais œil. Il poussait d’ailleurs sa vénération des règles antiques jusqu’à réprimer toute pensée novatrice, fut-elle excellente — et il encourageait par là une fâcheuse routine. À la surintendance de Louvois succédèrent celles du marquis de Villacerf (1691-1699) et de Mansart (1699-1708) ; les difficultés financières commençaient et l’élan artistique à peine donné tendait déjà à se ralentir. Houasse qui remplaça La Teulière s’occupa de politique et de mondanités beaucoup plus que des travaux des pensionnaires ; sa correspondance constitua une chronique de la vie romaine où les choses de l’art furent peut-être les seules à ne tenir aucune place. Lorsque Poerson, nommé directeur de l’Académie dont il avait été élève, arriva à Rome en 1704, il trouva la maison dans un état de délabrement sans pareil. « C’est une pitié, écrit-il, de voir ce qu’on nomme draps, serviettes, nappes et autres ustancils. » Non seulement le mobilier tombait en lambeaux mais le loyer n’était pas payé régulièrement. Délaissée