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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/195

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lance peu attentive permettait aux habitants de faire, avec leurs voisins désormais émancipés du joug anglais, un commerce clandestin très rémunérateur. En additionnant les budgets de la Louisiane depuis 1768 on constate que l’Espagne y dépensa près de soixante millions de livres. Elle le faisait de gaîté de cœur pensant constituer ainsi une sorte de boulevard franco-espagnol entre les États-Unis et le Mexique. Mais déjà l’américanisme s’infiltrait et tout le monde sentait que l’état de choses en vigueur ne pouvait constituer qu’un intérim.

Une seule circonstance aurait pu détourner les regards des Louisianais de l’horizon américain, la perspective de redevenir Français. Ils gardaient à la France un attachement invincible. Or la France révolutionnaire se souvenait d’eux et songeait à les reconquérir. Le comité de Salut public envoya un représentant s’enquérir sur place de cette éventualité à laquelle Carnot surtout semblait porter de l’intérêt. En 1795, le plénipotentiaire français aux négociations de Bâle proposa à l’Espagne d’échanger la Louisiane contre Fontarabie et Saint-Sébastien. En 1797, le Directoire reprit les mêmes vues auxquelles, en 1800, Bonaparte s’at-