Ouvrir le menu principal

Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/186

Cette page n’a pas encore été corrigée
172
la chronique

chef, et plus rarement encore sur le second. Le nombre n’y était jamais ; mal nourris et mal vêtus, les soldats désertaient ; il arriva d’ailleurs que, faute de subsistances, des commandants de postes durent parfois envoyer leurs hommes vivre chez les Indiens ; beaucoup, en ce cas, ne revenaient point. Ils ne cherchaient pas à gagner les colonies anglaises, ni même le Canada, mais se laissaient tenter par l’appât de la vie libre et vagabonde des « coureurs des bois ». Généralement ils avaient déjà derrière eux un passé regrettable ; il y avait parmi eux nombre d’anciens déserteurs graciés, de soldats punis puis expédiés aux colonies comme en une sorte de compagnie de discipline. Ajoutez à cela les mauvais sujets enrôlés par leurs familles en qualités de « cadets à l’aiguillette » c’est-à-dire de candidats sous-oflîciers et le plus souvent privés de ressources. Tous ces éléments n’étaient point faits pour faciliter la tâche du gouverneur.

Il avait encore à apaiser les querelles des fonctionnaires civils et à mettre d’accord — si possible — les prétentions ecclésiastiques. Les jésuites se disputaient avec les capucins ; les médecins de l’hôpital regardaient d’un mauvais œil les chirurgiens lesquels se plaignaient des religieuses ; un