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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/184

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la chronique

aux frais d’une représentation décente. On l’oubliait comme on avait oublié ses prédécesseurs. En vérité les conseillers de Louis xv avaient bien d’autres soucis en tête que de songer à la Louisiane ; et peut-être le lieutenant de police dont Madame de Pompadour allait faire un ministre de la marine n’en connaissait-il rien d’autre que le nom et — vaguement — la situation…

C’était l’intérêt capital de la colonie de vivre en bons termes avec les Chaktas et les Chikachas, ses voisins immédiats ; d’abord ils constituaient une sorte de tampon entre elle et les établissements anglais de l’est ; ensuite et surtout ces sauvages pouvaient couper le Mississipi dont ils étaient riverains et qui, en cas de guerre européenne et de blocus maritime, devenait la seule route par laquelle la Louisiane pouvait s’approvisionner, recevoir le blé du pays des Illinois ou les munitions envoyées du Canada. Pour ces motifs, tous les gouverneurs attachèrent une grande importance à se maintenir en bonnes relations avec les Peaux-rouges. Ils jugeaient également utile de leur offrir une fois l’an, en un meeting solennel, des présents fort appréciés de ceux-ci et de leur faire voir en même temps des troupes solides et bien