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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/18

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la chronique

Par malheur, ces billets ne portaient, pour la plupart, en manière de signatures, que des initiales ou bien encore ces indications peu précises : un lecteur assidu — un patriote averti — un Français qui se souvient…, etc… Déroulède, dont ces anonymes protestataires se réclamaient souvent, n’hésita pas à les désavouer ; il le fit en termes excellents, flétrissant des manœuvres qui tendaient à faire insulter par la lie de la populace le chef d’un État voisin, venu rendre visite à la France. Il rappela fort à propos le scandaleux accueil fait à Alphonse xii lorsque, sous la présidence de Jules Grévy, ce souverain entra dans Paris. Encore pouvait-on prétexter, en ce temps là, que le roi d’Espagne arrivait directement de Berlin avec le grade de colonel honoraire du régiment de uhlans tenant garnison ; Strasbourg ; quel prétexte analogue eût-on invoqué contre Édouard vii ?… Bien avant son arrivée, les anglophobes de la capitale, réduits au silence et muselés par la désapprobation générale, étaient rentrés dans la coulisse, et nul ne craignait plus qu’il y eut, sur le passage du cortège, de protestations désobligeantes.

Le séjour du roi dura quatre jours ; les fêtes