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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/172

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la chronique

sans acquérir d’ailleurs de nouveaux droits individuels ; et comme la répartition des biens de l’aïeul par parts égales entre ses enfants et ses petits-enfants n’implique pas que ceux-ci entreront en jouissance personnellement, comme, en un mot, ce seront leurs père et mère qui hériteront en leur nom, l’autorité paternelle ne saurait s’en trouver ébranlée.

M. Toutée n’admet point qu’on mette en doute l’efficacité d’un système par lequel « l’esprit d’égalité, l’esprit de lucre, la passion de la terre qui luttent aujourd’hui contre l’accroissement des familles se retourneront en faveur de cet accroissement ». Et il ajoute ces paroles suggestives : « Il faudrait n’avoir jamais soupçonné la convoitise et la jalousie dont flamboie le cœur d’une paysanne ou d’une ménagère pour douter de la sincérité de ses efforts en vue d’avoir, avec une lignée plus nombreuse, plus de biens que ses collatéraux — et surtout d’éviter que ceux-ci n’en aient plus qu’elle ». M. Toutée estime que dans les familles possédant quelque bien, le nombre des enfants pourrait s’accroître d’au moins 400.000 par an.

Cette proposition a été, comme bien l’on pense, fort discutée ; mais il faut reconnaître que les