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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/17

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Marseille, à l’aller et au retour. Lorsqu’on apprit qu’Édouard vii viendrait à Paris et que le président n’aurait que le temps d’y rentrer lui-même pour le recevoir, il y eut un instant de surprise. Les Parisiens avaient toujours passé pour volontiers anglophobes ; c’est au cri, d’ailleurs absurde, de « À bas Fachoda ! » que s’étaient faites plusieurs des élections nationalistes qui avaient naguère modifié la physionomie politique du conseil municipal. Comment les choses allaient-elles tourner ? Un peu d’inquiétude succéda à l’étonnement du début.

En effet, les anglophobes entrèrent aussitôt en scène. On put croire au tapage qu’ils menèrent, que leur nombre était considérable, et que leur abstention, lors de la réception du président Krûger, n’avait été due qu’à un sentiment de dignité nationale et à une respectueuse commisération pour une noble infortune. Mais il apparut bientôt qu’ils n’étaient qu’une poignée et que le pays se prononcerait contre eux. Quelques journaux de second ou de troisième ordre s’employèrent en vain à surexciter l’opinion. L’un d’eux édita journellement des billets indignés qui lui arrivaient, disait-il, de « tous les coins de la province ».