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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/163

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de france

contraint de s’adoucir : on ne se remit point, dans les villes du Pérou et du Mexique, à parler l’aztèque ou le quicha. C’est que l’espagnol représentait la civilisation, l’avenir et qu’il était un instrumeut infiniment plus parfait et plus complet par rapport aux besoins nouveaux qui se faisaient jour. La supériorité du français par rapport aux langages qui se parlent aujourd’hui au Soudan, à Madagascar et même en Algérie et en Indo-Chine n’est pas moindre. C’est à la république à prendre les mesures désirables pour créer des foyers intellectuels de francisation aux lieux appropriés et les rendre accessibles aux élites indigènes. Dans l’Afrique occidentale les commandants militaires ont ouvert des écoles rudimentaires pour les « fils de chefs ». La formule est bizarre mais la pensée est juste et l’institution devra être soigneusement développée.

En un mot, l’empire colonial français tel qu’il existe — et, à plus forte raison, avec les extensions probables du côté du Maroc et du Siam constitue un magnifique domaine pour la culture intellectuelle française. Même en faisant la part d’une routine traditionnelle et des maladresses inhérentes à une œuvre lointaine et diffuse, la république