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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/160

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la chronique

dans le canton du même nom ; aujourd’hui, elle se trouve au delà. En 1888, sur 1.000 Suisses, 714 parlaient l’allemand, 218 le français, 53 l’italien. En 1898, sur 1.000 Suisses, 697 parlaient l’allemand, 230 le français, 67 l’italien. De même en Alsace. Le recensement de 1895 mentionnait 159.000 habitants comme ayant déclaré que le français était leur langue maternelle. Cinq ans plus tard, la même déclaration a été faite par près de 200.000 personnes. Évidemment quelques-uns avaient osé affirmer, en 1900, ce qu’ils avaient cru plus prudent de taire en 1895, encore que l’intervalle entre les deux dates n’ait pas été marqué par un changement important dans l’attitude de l’Allemagne à l’égard de l’Alsace ; mais il faut bien admettre, en tous les cas, que nul recul n’est prêt à s’accuser de ce côté.

On connaît l’ampleur de l’action exercée au loin par l’Alliance Française, société fondée pour propager notre langue. En Orient et en Extrême-Orient, la politique anticléricale du cabinet Combes a créé des vides que l’Alliance n’arrivera pas du premier coup à combler. Par contre, en Amérique, ses conquêtes récentes sont très considérables. Plus de 62 comités existent à l’heure