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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/153

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M. J. Novicow, membre de l’Institut international de sociologie, se l’est demandé récemment et ses conclusions dépassent en optimisme tout ce à quoi les amis les plus chaleureux de notre pays auraient pu s’attendre. Mille déductions aussi séduisantes qu’ingénieuses le conduisent à présenter la langue française comme l’idiome dominant du futur « groupe européen » tandis que nos institutions — les seules vraiment modernes qui existent actuellement dans le vieux monde — lui paraissent destinées à servir de modèle aux réformateurs étrangers. Il considère comme acquis que nos facultés d’assimilation ne connaissent point de bornes ; il fait grand cas du concours apporté par les cuisinières, les modistes et le théâtre de société au développement du francophilisme. Hélas ! il est malaisé d’admettre que le francophilisme puisse se développer sérieusement à l’aide de semblables moyens ; ce n’est pas d’hier que notre supériorité est établie au double point de vue de la gastronomie et de l’élégance. Cette supériorité a été une source de revenus, ce qui n’est point à dédaigner assurément ; mais elle ne paraît pas avoir sensiblement atténué la satisfaction avec laquelle nos revers de 1870 furent accueillis