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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/146

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la chronique

son temps et son estomac le lui permettraient. C’est ce qui a eu lieu ; et lorsqu’on songe à la longueur et surtout à l’inconfort des trajets accomplis sur des réseaux médiocres, aux fatigues d’une représentation incessante et d’un climat inhabituel, on doit savoir gré au président de son inlassable persévérance et de sa continuelle bonne grâce. Nous lui avons un second motif plus important encore de reconnaissance. Les paroles qu’il a prononcées au cours du voyage ont été des plus heureuses. Or si, dans la métropole, les discours présidentiels participent toujours un peu de ce qu’on a appelé avec irrévérence des « aspersions d’eau bénite de cour », ces mêmes discours adressés à des chefs arabes peuvent contribuer à orienter l’avenir dans une voie désirable ou néfaste. L’homme du déserté coûte avec une religieuse attention les mots qui tombent de hi bouche de ses maîtres, de celui d’entre eux surtout qui parle comme représentant supérieur de la Force par laquelle il a été subjugué ; ces mots, on peut en être certain, il les rumine ensuite en son esprit et les conséquences qu’il en tire déterminent ses actes futurs. Le président a été bien inspiré dans ses allocutions ; son discours de Sidi-