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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/141

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de rencontre qui, prêchant la guerre sainte, parviennent à grouper momentanément tous leurs coreligionnaires autour d’eux. Le fait est rare et on peut même se demander s’il serait réalisable désormais. Pour y parer, le gouvernement français a parfois envisagé l’opportunité d’établir un Cheik-ul-islam, sorte de pontife suprême de l’Algérie musulmane ; le remède serait probablement pire que le mal. Ou bien le Cheik-ul-islam demeurerait soumis à nos ordres, ou bien il se montrerait indépendant vis-à-vis de nous. Dans le premier cas, son influence serait nulle : elle pourrait, dans le second, devenir extrêmement dangereuse.

Enfin, le nombre des Israélites et le fait — regrettable mais irréparable — qu’ils sont devenus en bloc, citoyens Français, inspire au gouvernement des obligations sérieuses à leur égard ; il faut à tout prix se préserver du néfaste antisémitisme, et en même temps contenir le sémitisme en de justes limites. Tout cela n’est point aisé, mais c’est faisable.