Ouvrir le menu principal

Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/140

Cette page n’a pas encore été corrigée
126
la chronique

danger d’une pareille entreprise. Si l’on écartait les indigènes de la morale musulmane avant qu’ils fussent en état de s’attacher à la nôtre, le seul résultat auquel on atteindrait consisterait en un déplorable abaissement des mœurs. Il y a en Algérie, 115 à 120 familles maraboutiques, pas davantage ; nous sommes en rapport avec quelques-unes d’entre elles. Quant aux confréries, les principales sont celles des Tidjanya, dont le siège est à Temacin, près de Touggourt, des Moulaï-Taieb qui a son centre au Maroc, des Bou-Kobrim, des Sidi-Abdelkader, et enfin des Senoussis ; cette dernière est de beaucoup la plus fanatique. Sa haine s’étend à tous les européens sans exception ; son siège est dans le désert de Cyrenaïque, à l’oasis de Koufra. Les Sidi-Abdelkader prennent leur mot d’ordre à Bagdad ; ils sont puissants dans le Touat ; le fameux Bou-Amama en faisait partie. Les Moulaï-Taieb nous sont ouvertement Hivorables ; quant aux Tidjanya, sympathiques en Algérie, ils se montrent hostiles sur le Niger et au Sénégal, ce qui prouve d’ailleurs que ces confréries sont moins unies — et partant moins redoutables — qu’on ne le croit généralement. Le péril ne devient réel que lorsque surgit un de ces prophètes