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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/134

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la chronique

Aspects et productions.

Les géographes, beaucoup trop enclins à cataloguer, à diviser, à nomenclaturer, distinguent en Algérie trois régions « nettement délimitées » disent-ils ; par malheur, cette netteté est purement imaginaire ; elle n’existe qu’à demi sur les cartes et s’évanouit totalement aux yeux de quiconque parcourt le pays. La vérité est plus simple que ne l’indiquent les noms de Tell, de « hauts plateaux » et de « chaînes Sahariennes » ; l’Algérie est une terre tourmentée, coupée parallèlement à la Méditerranée et à une distance moyenne de 300 kilomètres de cette mer, par une haute chaîne de montagnes qui, abrupte et soudaine du côté du Sahara, s’abaisse très lentement du côté de l’Europe, formant des séries de longues terrasses incultes, puis des amas de collines cultivables coupées de torrents ; aucun de ces torrents n’est navigable mais, à l’aide de barrages, on les utilise pour l’irrigation. Le caractère dominant des montagnes les plus hautes est l’aridité ; leurs cimes sont rocheuses et décharnées ; cette aridité persiste sur les plateaux ; des chotts, vastes cuvettes remplies de vase liquide et de rares nappes