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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/124

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la chronique

Faiblesse de l’opposition.

Il ne faudrait pas prendre au tragique, le tableau que nous venons de tracer de la politique intérieure de la république durant l’année 1903. Encore que nous en ayons plutôt atténué qu’accentué la noirceur, un pays comme la France possède trop d’énergie et de vitalité pour que quelques années d’erreurs, si grandes soient-elles, influent définitivement sur ses destinées. Mais, on doit l’avouer, rien n’indique encore que l’opinion soit près de se ressaisir, qu’elle soit lasse des chimères dont on l’abreuve, des grands mots à l’aide desquels on l’égare. La faute en est surtout à l’opposition qui s’est émiettée de la façon la plus fâcheuse ; elle n’a ni organisation forte ni programme précis. Elle noue des coalitions de hasard et consent d’étranges et maladroites abdications. Rien ne semblerait plus aisé pourtant que de grouper les mécontents ; ils sont légion. Mais l’intérêt personnel mal entendu les détourne de ce que commanderait l’intérêt commun. C’est ainsi qu’en l’espace de quelques semaines on a vu, vers la fin de l’année, M. Waldeck-Rousseau n’essayer qu’une pâle et anodine protestation en