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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/116

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la chronique

ont été introduites de plein pied à la caserne ; le besoin ne s’en faisait pas sentir. L’armée d’hier n’était guère influencée par les « ligues de droite ». Elle se confinait dans son devoir professionnel et donnait ce spectacle presque unique dans l’histoire d’une grande masse d’hommes enrégimentés et demeurant, au sein d’une démocratie, totalement étrangers à la politique. Bien probablement on n’en pourra dire autant de l’armée de demain.

Quoiqu’il en soit de la valeur de l’œuvre à laquelle s’est attelé le général André, on ne saurait la mettre en parallèle avec celle que poursuit à la marine M. Camille Pelletan. Le général est un homme de savoir, fort au courant des choses militaires, grand travailleur, tenace en ses desseins et capable de résistance en certains cas ; M. Pelletan n’est qu’un désorganisateur de l’espèce la plus médiocre. Journaliste de talent, esprit plus généreux que consciencieux, il s’était acquis naguère d’assez nombreuses sympathies qui ne résisteront point à la façon dont il s’est comporté au pouvoir. À l’inverse du général André, M. Pelletan est paresseux, complètement étranger aux choses qu’il dirige, et sans caractère. Orateur abondant il n’a pas même su tenir le langage qui convenait à sa