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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/113

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l’affaire Dreyfus ; ce troisième acte sera évidemment le dernier ; il est probable même qu’il aura la brièveté et la sérénité des épilogues pacifiques qui terminent parfois les drames inquiétants. En réponse aux tapageux efforts de M. Jaurès pour ranimer l’incendie politique auquel avait donné lieu cette triste histoire, la chambre des députés, sans se laisser émouvoir par un incident théâtral qui mit aux prises M. Brisson et M. Cavaignac marqua son ferme vouloir de ne plus laisser l’affaire Dreyfus sortir du domaine judiciaire. L’ordre du jour qui attesta cette bonne résolution fut votée à une imposante majorité et l’on ne sait pas, en vérité, pourquoi le général André, que nul ne mettait en cause, s’offrit ce jour-là à instituer une enquête qu’on ne lui demandait point. Peu après, par les voies légales, ainsi qu’il en avait le droit, Alfred Dreyfus introduisit sa demande de révision. Il paraîtrait que les faits nouveaux sur lesquels la commission compétente se basa pour conclure à la recevabilité de cette demande consisteraient en changements de dates et d’initiales sur les pièces qui constituaient contre l’accusé les charges les plus accablantes : on aurait reconnu dans ces altérations savantes la main du