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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/112

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la chronique

crainte puérile et c’est pourquoi, d’autre part, les tentatives de l’État pour asservir à son tour la pensée sont absurdes et mort-nées. La république peut former un corps professoral trié sur le volet au point de vue du dévouement à ses institutions ; du jour où la pesée sur l’indépendance d’esprit des hommes qu’elle y admettra deviendra trop forte, ils s’émanciperont d’un joug désormais intolérable pour tout esprit cultivé. Ou bien sans détruire l’organisation d’état, ils recouvreront leur liberté mentale et pédagogique, ou bien cette organisation périra sous la double poussée de l’esprit scientifique révolté et de l’opinion publique asservie. En attendant les écoles congréganistes se sont toutes rouvertes avec des directeurs et des professeurs laïques et il n’est pas certain qu’elles aient gagné en libéralisme et en esprit de tolérance. Il n’y a rien de changé en France que beaucoup de motifs de querelles et de haines ajoutés aux anciens.

L’affaire Dreyfus.

Étant donné la façon dont elle a été reprise, il n’y a rien à dire jusqu’ici contre la réouverture de