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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/110

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la chronique

fois de l’étonnement et du scepticisme. C’est que les Anglais ont pu depuis longtemps apprécier l’inanité de ces mesures radicales par lesquelles les utopistes s’imaginent faire table rase des réalités prescrites en même temps que des forces héréditaires. Si même vous regardez la congrégation comme un phylloxéra moral — et c’est là de nos jours un point de vue bien étroit et bien démodé — comment pouvez-vous vous flatter d’expulser ce mal de votre territoire quand il sévit sur tous les territoires environnants ? Tentez de vous défendre, de vous protéger contre lui, soit ; mais n’ayez pas l’illusion de croire qu’il va se tenir au delà de vos frontières sans pénétrer de nouveau chez vous. Le système de M. Waldeck-Rousseau pouvait avoir à cet égard quelque efficacité ; le système de M. Combes demeurera totalement inefficace. La destruction des congrégations n’est en somme qu’un exil. Or les exilés rentrent toujours : c’est une affaire de temps.

Ce qui hâtera la réaction c’est que, les congréganistes momentanément dispersés, le parti de combat que détient le pouvoir se trouve maintenant face à face avec le clergé régulier et condamné en quelque sorte à tourner contre lui ses