Ouvrir le menu principal

Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/108

Cette page n’a pas encore été corrigée
94
la chronique

s’attaquer aux processions et d’entraver de leur mieux l’exercice du culte. De son côté, le président du conseil l’entrava en fermant d’office la plupart des chapelles dépendant de couvents, d’hôpitaux ou d’écoles et qui recevaient le trop plein des églises paroissiales : pure tracasserie dépourvue de toute raison d’être et de tout prétexte plausible,

La plus retentissante en même temps que la plus choquante des capitulations consenties par M. Combes fut son abstention au service funèbre célébré à Notre Dame de Paris en mémoire du Pape Léon xiii. La France entretenant un ambassadeur auprès du Saint Siège, il était impossible que le chef de son gouvernement, sans manquer aux convenances élémentaires, se dispensât d’assister à la cérémonie. Huit jours plus tôt, M. Combes lui-même n’eût pas admis une semblable hypothèse. Mais les exigences grossières formulées au nom de quelques fanatiques par d’Action, le journal de l’ex-abbé Charbonnel, eurent vite raison de ses scrupules. La plupart des ministres sanctionnèrent en l’imitant son inqualifiable conduite. À côté de M. Delcassé, le général André en grand uniforme, fut le seul à donner à son chef une leçon de savoir-vivre.