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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/52

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la chronique

tendent à rapprocher davantage le soldat de l’officier et que ce dernier peut et doit avoir recours davantage à l’intelligence du premier et moins à des ordres péremptoires et sans explications. Mais de là à considérer l’obéissance passive comme « une survivance dangereuse du passé » et à la vouloir remplacer par « l’adhésion volontaire du subordonné au chef » et par un sentiment de « collaboration professionnelle »[1], il y a loin et l’expérience des volontaires Britanniques et Américains qui viennent les uns et les autres de faire leurs preuves — et très brillamment — est là pour indiquer où s’arrête la réforme, où elle devient utopie. La discipline dans les rangs de ces troupes Anglo-saxonnes est certainement plus intelligente, plus relevée moralement — mais elle n’est guère moins stricte que celle des armées permanentes ; et après l’expérience de la guerre, la tendance est de la rendre plus stricte encore.

Notez que stricte et rude sont deux choses très différentes. Le régime Français est beaucoup moins rude que l’Allemand. Les officiers Allemands ont

  1. Henri Bérenger. La Conscience nationale.