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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/42

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la chronique

exigera forcément l’abolition, il en est un auquel l’officier tient par dessus tout, c’est l’institution des ordonnances. L’ordonnance est un soldat mis à la disposition de l’officier pour soigner son cheval s’il en a un, en tout cas pour entretenir ses effets et ses armes et faire son ménage de célibataire ou d’homme marié. Les règlements, en effet, ne font pas la différence : le ménage d’un homme marié n’a pourtant qu’une vague ressemblance avec celui d’un célibataire. Mais l’officier Français, est en général, assez peu fortuné ; il a des charges ; sa solde est faible. Il ne peut se passer de son ordonnance qu’il choisit parmi les bons soldats soigneux et disciplinés, qu’il installe chez lui et qui devient valet de chambre, maître d’hôtel…… voire même cuisinière et bonne d’enfant. De ce chef plus de 35.000 soldats sont soustraits chaque année au service militaire, et comme le soldat coûte à l’État à peu près 800 francs, cela fait un total de 28 millions perdus au point de vue de la défense nationale ; si l’on remplaçait les ordonnances par des indemnités en argent, il faudrait inscrire au budget, à cet effet, une somme de 20 à 21 millions, pour indemnités mensuelles de 50 francs et cette somme serait