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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/41

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de plus en plus scientifiques ; ou bien, placer le concours d’admission à l’école après l’entrée au régiment c’est-à-dire n’admettre à concourir que des jeunes gens déjà soldats. Cette seconde solution ne serait pas sans avantages, mais au point de vue démocratique le résultat en serait nul : seuls pourraient affronter avec succès les épreuves du concours, les candidats qui s’y seraient sérieusement préparés avant d’entrer au régiment ; et ainsi le principe aristocratique se retrouverait dans la nouvelle école, presque aussi puissant que dans l’ancienne. En somme pour établir la communauté d’origine des officiers, il faut prendre le point de départ très bas : on ne peut élever la masse au niveau de l’élite ; il faut donc abaisser l’élite au niveau de la masse : c’est évidemment une cause d’infériorité à laquelle les combinaisons les plus ingénieuses ne sauraient remédier que très imparfaitement. Même si, de nos jours, nous trouvons inutile que l’officier provienne d’un milieu social raffiné — ce qui n’est pas admis hors de France — il est nécessaire en tous les cas que sa formation intellectuelle le mette à la hauteur de sa mission et de ses rivaux des armées étrangères.

Parmi les privilèges dont l’esprit démocratique