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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/33

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quels s’inscrivaient les noms flamboyants des victoires napoléoniennes, voyant manœuvrer à la tête des armées rivales les plus puissants souverains de l’époque, les régiments Français ne pouvaient ressentir un bien profond respect pour les avocats, les hommes d’humble extraction élevés, souvent par le talent, mais souvent aussi par la chance, aux premiers postes de l’État. Pendant longtemps le nom de la République demeura absent des allocutions et des ordres du jour, et les ministres durent se contenter des saluts un peu écourtés qu’ils recueillaient de la part des autorités militaires.

À partir de 1891 cet état de choses a pris fin, et l’on peut considérer qu’à cette date, l’armée est absolument acquise à la République. Le Président passe lui-même les grandes revues annuelles et le ministre de la Guerre, M. de Freycinet, a toute la confiance des généraux. Ces sentiments sont encore fortifiés par la mort glorieuse de M. Carnot et par les hommages, qu’en cette tragique circonstance, le monde entier rend à la France. Pendant sa courte présidence, M. Casimir-Périer, qui a été officier, inaugure un contact nouveau entre le gouvernement et l’armée ;