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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/28

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la chronique

indiscutée envers les pouvoirs publics — ou bien, s’agit-il des opinions intimes, des habitudes d’esprit de l’officier, de cet ensemble d’usages, de principes, de conventions qui règlent ses rapports avec ses chefs, ses camarades ou ses subalternes ? Une armée ne peut-elle être « loyale » à la République sans avoir des « mœurs républicaines ? » En France, précisément, le premier point n’était-il pas acquis ? Le second pourra-t-il l’être jamais ?…

Après 1870.

Il est malaisé de se représenter l’étendue et la complication de la tâche en face de laquelle se trouva le peuple Français au lendemain de la guerre de 1870. L’un des éléments les plus périlleux de la situation consistait dans la nécessité d’organiser à la fois le militarisme et la liberté. Que la réfection des forces militaires fût indispensable au salut et à la sécurité de la patrie, l’immense majorité du pays n’en doutait pas, et il faut reconnaître que l’alerte de 1875 et les velléités agressives manifestées à plusieurs reprises par M. de Bismarck ne