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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/270

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la chronique

La fête eut lieu dans cet admirable amphithéâtre de la Sorbonne neuf ans plutôt, Pasteur avait reçu des ovations analogues. La présence du Président de la République en rehaussait l’éclat. La participation par leurs délégués ou leurs adresses, des Académies et des Universités étrangères en soulignait le caractère international. Le grand maître de la Synthèse, le créateur de la thermochimie, l’auteur de mille mémoires et de trente-cinq volumes répandus dans le monde entier, le rénovateur de l’agronomie, l’historien des alchimistes furent loués comme il convenait ; et aussi le patriote, car l’un des orateurs rappela fort à propos ce qu’avait fait M. Berthelot en 1870 pour la défense du sol national. Tout cela compose une belle et grande figure de travailleur infatigable. Et si même l’on déplore, par avance, les désillusions auxquelles la foi matérialiste de M. Berthelot pourrait exposer les foules qui la partageraient, combien il paraît naturel qu’une telle foi ait germé en lui. En créant cette matière que ses prédécesseurs se bornaient à désagréger pour en reconnaître la constitution, il a presque créé de la vie ; en regardant au loin, dans le rayonnement du soleil scientifique, il n’a plus vu la frontière qui pourra reculer