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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/264

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la chronique

maladresse, pourrait-on dire, puisqu’en montrant ces deux Alsaces étroitement unies dans un magnifique accord, il eut donné à son œuvre une force supérieure et répandu sur elle une clarté surabondante ?

Le cas d’Edmond Rostand.

Il est advenu à l’auteur de Cyrano de Bergerac une bien fâcheuse aventure. Convié à l’honneur de faire revivre sur le petit théâtre du Palais de Compiègne, en présence de l’Impératrice de Russie, les à-propos célèbres qui y furent débités sous le règne joyeux de Napoléon iii, Rostand s’en remit à sa muse et lui laissa, comme on dit, la bride sur le cou. Le 20 septembre 1901 donc, Mme Bartet, de la Comédie-Française, couronnée de fougères, s’avança sur la scène restaurée et s’adressant aux hôtes augustes de la France, leur débita, avec sa grâce et son charme accoutumés, les strophes légères d’un poème de quelques trois cents vers, qui, publié le lendemain et commenté par la Presse, fut accueilli de la pire façon. On en critiqua à la fois le sens et l’expression ; on s’exclama sur l’in-