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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/259

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séance. Des décrets sont votés, la révolution officiellement consacrée ; à deux heures du matin les trois consuls prêtent serment et la comédie prend fin.

Albert Vandal nous fait ensuite réaliser, combien l’Empire et même le Consulat à vie sont encore loin. Ce que veut la France, ce que veut ce Paris en qui s’incarnent alors toutes les aspirations de la France, c’est la Paix. Bonaparte la donnera-t-il ? On l’espère, mais sans oser encore y trop compter. Pour imposer la paix, ne faudra t-il pas une nouvelle victoire, éclatante et décisive ? Bonaparte le sent bien ; il s’éclipse quelques semaines et revient tenant à la main les lauriers de Marengo. Comme, d’autre part, la force de son gouvernement s’affirme chaque jour, qu’il se montre dur envers la Réaction comme envers le Jacobinisme, libéral à sa manière et très soucieux de faire prospérer le commerce, sa popularité jaillit enfin, immense, irrésistible. Bonaparte, à d’autres époques, a rayonné davantage ; il ne fut jamais plus habile, plus prévoyant, plus humain par conséquent et plus intéressant que pendant cette féconde préface de son règne.