Ouvrir le menu principal

Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/255

Cette page a été validée par deux contributeurs.
243
de france

époque. Il ne reste plus rien de la vision de Bonaparte, chevauchant vers Saint-Cloud, calme et majestueux et d’un geste, souligné par les baïonnettes de ses grenadiers, mettant en déroute les représentants terrifiés d’un pouvoir déjà tombé sous le mépris public. Les choses ont été remises au point par un historien — et par un historien bonapartiste pourtant ! Nous savons désormais combien fut longue et minutieuse la préparation du Dix-huit Brumaire, combien laborieuse et hasardée, l’exécution. Elle dura deux jours. La première journée se passa bien. Convoqué pendant la nuit (on avait volontairement oublié tous les membres dont on prévoyait l’opposition) le Conseil des Anciens s’était assemblé au petit jour et avait docilement accepté de transférer le gouvernement à Saint-Cloud et de confier le commandement des troupes de Paris et de la région à Bonaparte. Lucien Bonaparte qui présidait le Conseil des Cinq-Cents avait habilement escamoté le vote de ses collègues ; le Directoire se trouvait disloqué par l’adhésion de deux de ses membres au coup d’État projeté ; de sorte que la foule élégante qui se rendait à Saint-Cloud le matin du 19 Brumaire, attirée par cette chose inattendue et