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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/251

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dents ouvrages soient traduits déjà en plusieurs langues, M. Funck-Brentano n’a pas chance d’être apprécié de sitôt par les lettrés du Céleste-Empire.

Comme pour mieux souligner la portée morale de cette leçon, l’éminent écrivain a fait suivre immédiatement le récit du prologue par celui du formidable dénouement. On a souvent rapproché l’affaire du collier et la mort de la Reine ; plus nous allons, plus elles semblent se tenir et découler l’une de l’autre. Et il devient évident désormais que les pamphlets de la fameuse comtesse de La Motte contribuèrent immensément à créer autour de Marie-Antoinette une impopularité qui peut s’expliquer, mais que rien, en somme, ne justifiait. Le terrain historique sur lequel s’est placé M. Funck-Brentano est le vrai ; l’affaire du collier n’a qu’un rapport très lointain avec la Révolution ; elle est en rapport direct avec la mort de la Reine. C’est que la mort de la Reine n’est qu’un épisode de la Révolution, un épisode inutile autant qu’ignoble. L’exécution de Louis xvi peut choquer, elle n’étonne pas. Le souverain absolu, par là même qu’il incarne la gloire et les intérêts de la nation, est exposé à porter devant la colère populaire, le poids des fautes de la