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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/25

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convient d’y regarder à deux fois avant de l’entreprendre. L’erreur des dirigeants, en cette circonstance fut de croire que cette besogne était grandement facilitée par l’affaire Dreyfus ; ils ne doutaient pas un instant que la secousse qu’ils avaient ressentie ne se fut propagée dans toute la nation et que leurs enthousiasmes ne fussent partagés par le peuple entier. L’agitation de la surface leur dissimulait le calme persistant de la couche inférieure.

Mais le cabinet Waldeck-Rousseau avait vécu au-delà de ses propres prévisions. Formé pour rétablir l’ordre et défendre la République, il y avait très vite réussi, par la raison précisément que l’ordre n’était troublé qu’en apparence et que la République n’avait jamais été sérieusement menacée. Il avait ensuite bénéficié de la trêve de l’Exposition. L’Exposition finie, sa majorité demeurait compacte, captivée surtout par la « manière » du Président du Conseil, par cet imperturbable sang-froid, cette parole lucide, cet air de volonté et de force qui ne l’abandonnent jamais. À quoi employer cette majorité ? Il fallait bien un programme. Les Ministres le forgèrent à l’aide des « idées générales » répandues dans l’air. À Toulouse, à l’automne de 1900, M. Waldeck-Rous-